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 m a n ü e - I want to fly into the sky

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Manüe Handerson

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Date d'inscription : 12/07/2009
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MessageSujet: m a n ü e - I want to fly into the sky   Dim 12 Juil - 13:12

Nous recevons tous au berceau les croyances de notre tribu en tatouage ; la marque peut sembler superficielle, elle est indélébile.




Spoiler:
 


    I want to fly into the sky. Je voudrais être un oiseau et m'échapper de ma cage de rubis. Je voudrais m'extraire de ce corps. Semer mon âme au vent. Je voudrais plâner dans l'immensité des nuages. Je rêve de siffler ma liberté.

    Je boïte. Je trébuche.

    I want to fly into the sky!


Dernière édition par Manüe Handerson le Dim 12 Juil - 13:49, édité 8 fois
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Manüe Handerson

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MessageSujet: Re: m a n ü e - I want to fly into the sky   Dim 12 Juil - 13:13

    _ ♠ Nous sommes à la fois un fluide qui se solidifie, un trésor qui s'appauvrit, une histoire qui s'écrit, une personnalité qui se crée.

    Dieu ce qu’elle est belle. Le plus triste dans tout ça, c’est qu’elle ne le sait pas. Elle se voile et se dévoile à mi mots, chastement drapée d’un cynisme exacerbé. Elle se fait horreur. Abject reflet de son imperfection. Elle voudrait être autre. Elle voudrait se trouver entière, ne plus être la pâle copie technicolor d’une humaine à moitié folle. Mais on ne choisit pas n’est ce pas. Si ? Ah bon.

    Elle semble toiser le reflet dénaturé, de toute sa hauteur. De longs cheveux fadasses qui retombent sur ses épaules dénudées, en un enchevêtrement sans nom, sans lumière. Un faible néon vient éclairer ses yeux couleur océan tandis qu’une silhouette frêle et amère se cambre vers l’arrière, pour mieux se dérober à l’impact du miroir. Deux pupilles claires, trop maquillées, à l’amerloque de base. Un visage exsangue, couleur olive, où s’entrecroisent des traits grossiers, mal dessinés. C’est ainsi qu’elle se voit la Manuë. La réalité n'a point d'importance. Seule demeure l'inexactitude des sens.

    Une chauve souris qui heurte le plafond avant de venir s’échouer sur la carcasse vide d’un sanglier, ultime trophée de chasse ramené par son père lorsqu’elle avait quatre ans. Elle se baisse, la contemple les yeux hagards. On sent bien qu’elle est ailleurs, qu’elle aspire à d’autres réalités, inaccessibles aux pauvres terre à terre que nous sommes. Un mouvement de recul avant qu’elle n’agrippe les ailes de la bête. Sauvage, elle déchire le duvet grisâtre qui sied à l’animal avant d’en jeter les tripes aux charognards qui tiennent salon devant la fenêtre. La mort ne vient pas seule.

    Elle essuie ses mains sur son tablier tâché de boue et d’un mélange indistinct dont il vaut mieux taire le nom. Détresse innommable que le sentiment de se dédoubler, ne serrait ce qu’une nano seconde. Elle se laisse choir à même le sol, goûtant aux délicieuses maîtresses salées qui coulent désormais le long de ses paupières mi closes. Elle voudrait taire ce torrent mais elle n’en fait rien, s’abandonnant entière à son angoisse. Qui est ce ? D’où vient-il si ce n’est du tréfonds de son subconscient ? C’est un monstre insatiable qui se nourrit de son libre arbitre, avec une barbarie propre aux civilisations méconnues. Il s’immisce dans ses veines, amorce une descente qui accélère le pouls, avant de venir se loger dans le cerveau. Il n’a pas de nom, fantôme du passé, du présent, de l’avenir. Il est immatériel, omniscient. Il l’accompagne à chacun de ses pas, silencieux compagnon d’infortune. Elle l'apelle Mana.

    Cette cohabitation forcée dure depuis l’âge de ses huit ans. Aussi loin qu’elle s’en souvienne tout du moins. Les sens primaires et bestiaux qui s’éveillent et cognent par à-coups. Un amas de pulsions qui s’éprend de son âme, au hasard de son aventure, sans crier gare. Une plaie mal désoxydée. Un handicap qui efface tout le reste. Et ceux quoi restent. Ils ne sont pas nombreux à supporter sa compagnie, son caractère lunatique. Ils se détournent, raillent ses aléas colériques. Ils ont peur de cet être qui ne se contrôle pas. S’ils pensaient ne serrait ce qu’un instant qu’elle a bien plus peur qu’eux, en serraient il rassurés ? C’est un double comme elle aimerait être. Un ectoplasme qui hante son enveloppe corporelle. Un filament vénéneux qui n’a peur de rien. Il se tord, retors. Il exhibe sa pensée face aux mille têtes de rats qu’elle supporte chaque matin. Il s’aime comme il est. Il se veut prétentieux et fier. Il est habile en tout ce qu’elle abhorre. Sauvage et sanguin, il se drape d’une aura passionnelle qui plaît et inquiète la belle Manuë. Mais que peut-elle y faire. Il existe bel et bien. Dame faucheuse ne veux pas l’emporter. A moins de ne se fracasser le crâne à grands coup de tronçonneuse, elle ne voit aucun moyen de l’extraire de son être. Manuë n’a point l'étoffe d’une suicidaire. Elle laisse la case « Dead for the Queens » aux beaux héros de Disney.

    Au-delà des frontières de cet intrus, il existe un royaume dont elle est reine. C’est un pays vulgaire, pour tous les antis héros, pour tous les imparfaits de ce monde. On y trouve une Manuë rêveuse et altruiste, bien que l’autre la terrifie. Sartre écrivait dans son huis clos que l’enfer c’est les autres. Parallélisme déconcertant pour notre jeune femme en devenir. Dans cet univers, imaginaire, tout est en noir et blanc, comme dans les vieux films de Chaplin. Son diadème flamboie de mille idéaux qu’elle assène sans retenue. Elle y croit, à ce doux paradis. Ici, elle se palpe entière. Elle est enfin elle-même, bien à l’abri dans un coin de sa tête. Une horde de soldats qui protègent le trône d’ivoire, tandis que la brave Many –c’est ainsi qu’on l’appelle dans ce monde- colore le paysage d’une douceur exacerbée, d’une délicatesse un peu naïve, propre aux enfants. Dans ce magma de rêves, elle se veut belle et forte. Elle marche en avant, ses longs cheveux d’or coulant le long de son dos, avec l’aplomb des grands maîtres. Sur ce nuage, elle est en sécurité. Personne n'oserait lui faire de mal.

    _ ♠ Les enfances se ressemblent toutes, dans leur grandeur comme dans leur misère originelles. On ne connaît guère mieux son enfance que les enfances inconnues et secrètes des autres enfants.

    Je suis née dans un tombeau. Le 2 Novembre qui plus est. La sage femme pensait ma mère morte en couches. Comme si ça ne suffisait point à mon infortune, je m’appelle Handerson et je suis multiple. Je cohabite avec Many et Mana depuis l’âge de mes huit ans mais certains médicomages avancent que médicalement parlant, il en était déjà ainsi durant ma croissance de fœtus prématuré. Laissez-moi-vous expliquer. Au départ, nous étions trois dans l’enveloppe maternelle. De beaux triplets amenés à ravir les espoirs de nos parents. Tout bascula environ deux mois avant ma naissance lorsque mon aîné, Kärl, laissa traîner sa tasse de chocolat sur la table du petit salon. Le chat s’embraya les pattes dans la nappe qui valsa jusqu’aux pieds de ma mère. Celle-ci trébuchant contre la tasse de porcelaine fit un écart sur la plateforme au tapis gris. On la conduisit aussitôt aux urgences mais les deux bonhommes étaient morts dans l’œuf. C’est ainsi que j’enterrais mes frères avant même de ne connaître la vie.

    Je suis née d’un mariage impur comme diraient certains. A cela je répondrai qu’il n’est rien de plus divin que l’amour. Ma mère était une modeste sorcière. Une bonne femme honnête, un peu bécasse. Le seul choix qu’elle ne fit jamais fut de quitter l’autorité paternelle pour entrer sous la tutelle de son mari moldu. Quoiqu’elle n’eut jamais à le regretter. Ses parents la déshéritèrent avant de claquer d’une épidémie méconnue. Bien que le capital fût moindre, je ne manquai jamais de rien et me couchai le ventre repus à souhait. Mon père était de la trempe des travailleurs. C’était un homme fort et vigoureux, pas très beau. Pas très cultivé non plus. Il avait quitté l’école à quatorze ans pour aider mon grand père dans les champs. C’est ce qui se faisait à l’époque. On mange d’abord, on philosophe ensuite. Il travailla quelques temps dans l’industrie de guerre avant de faire son nid dans l’usine de la bourgade voisine. C’était un pacifiste mon père. Un mauvais poète, un raté. Un oublié du bon dieu, un enfant de la campagne. La guerre, il n’en avait cure et crachait dessus dés qu’on lui en donnait l’occasion. Certes, son nouvel emploi payait mal et les heures de labeur comptaient chères. Mais il avait trouvé des compagnons, des hommes qui comme lui, travaillaient pour nourrir la petite famille. Les ouvriers, oubliés des beaux livres.

    Spoiler:
     

    Nous vivions comme des moldus, aux abords de Londres. Originaires de Suède, nous avions immigrés vers le pays britannique lorsque les prémices d’une révolte citadine avaient maquillé le décor natal d’une aura rouge sang. Nous ne regrettions point notre départ, bien que le paysage nous manque quelques fois. Surtout aux vieux. Nous, les enfants, étions bien trop jeunes pour nous souvenirs des baisers de grand-mère. Nous recevions peu, nous prélassant dans une solitude archaïque et familiale qui nous seyait plutôt bien. En toute honnêteté.

    Kärl était l’aîné. J’étais la cadette. Nos relations demeuraient purement cordiales. Je regrette aujourd’hui que nous n’ayons trouvé la force de nous rapprocher. Un gouffre immatériel s’était immiscé entre nous le jour de ma naissance. Irrémédiablement. Lui n’avait jamais rêvé de pouponner une petite sœur aux cheveux blonds. Il aurait aimé un frère peut être, pour construire des cabanes et jouer aux soldats indiens. Ensemble, ils auraient réécrit l’histoire.

    Mais non, le sort en décida autrement. Kärl s’est toujours reproché la mort de mes jumeaux. Des mains souillées de sang, voila ce qu’il voit lorsqu’il se contemple dans un miroir, en douce. Il parle peu. Il pense trop. Sans doute aurais je du trouver les mots, lui avouer que pour moi, c’était le plus beau des héros. Un prince charmant qui ne fanerait pas. Mais je me suis tu et le gouffre béant qui nous séparait ne s’est jamais comblé tout à fait. Maman a bien tenté de lui expliquer qu’à tout juste un an, il n’était pas responsable. Que c’était pas sa faute. En vain. Il aime à chérir ses remords comme un poète adule sa muse. C’est un spécimen rare mon frère. Avec le temps, sa culpabilité envers moi s’est muée en haine incomensurable. En dégoût. Mes dédoublements de personnalité lui rappelaient trop bien le crime qu’il avait commis jadis. J’essayais de me contrôler pourtant, ne serrait ce que pour ne pas lui faire de peine. Mais il se détourna de moi peu à peu, comme un oiseau prendrait son envol. Majestueux.
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Manüe Handerson

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MessageSujet: Re: m a n ü e - I want to fly into the sky   Dim 12 Juil - 13:49

    finish lol.
    Je me tiens à votre disposition pour toute modification éventuelle.
    Bises.

    En somme ... 3 personnalités distinctes. Manuë est une timide qui ne se fait pas confiance, un peu misanthrope, terrifiée par le monde qui l'entoure. Mana au contraire est un double virulent et sauvage qui dit tout haut ce qu'elle pense tout bas. C'est un passioné, un véritable démon qu'elle ne contrôle pas. Many, enfin, est un havre de paix qui ne se montre pas, enfoui au coeur de son immagination. C'est une reine, une rêveuse, une belle, une douce, une sage.

    Voila pour les quelques éclaircissements notoires!
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Hazeyneel M. Anjeston
    sky ;
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MessageSujet: Re: m a n ü e - I want to fly into the sky   Dim 12 Juil - 17:02

    Bonjour,

    Je trouve que Manüe a sa place à Poufsouffle x)

    Bon jeu ^^

_________________
    every step I'm taking
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      the climb - m. cyrus
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MessageSujet: Re: m a n ü e - I want to fly into the sky   

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